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Déontologie & diversification : entreprendre sans se mettre en danger

Tu as une idée de diversification. Elle est utile, cohérente, parfois même évidente quand tu regardes ton terrain. Tu as des patients qui sortent du cabinet sans plan clair, des gens qui auraient besoin d’un cadre de prévention, ou simplement une envie d’élargir ton activité sans perdre ton identité de soignant. Et pourtant, au moment de la rendre publique, une question revient toujours : est-ce que je suis dans les clous ?

Dans la plupart des cas, ce n’est pas la diversification qui met en risque. C’est le flou : flou sur le cadre, flou sur la promesse, flou sur ce que la personne achète réellement. La déontologie n’est pas là pour empêcher d’entreprendre. Elle sert à protéger la relation de soin, et à empêcher qu’un patient se sente influencé, confus, ou pris au piège d’une offre.

L’objectif de cet article est simple : te donner un cadre pratico-pratique pour distinguer ce qui relève du soin, de la prévention et de l’accompagnement, poser les règles de transparence, et sécuriser ta communication.

La question qui revient tout le temps : “est-ce que j’ai le droit ?”

La question est légitime, surtout quand on est soignant : tu ne veux pas faire n’importe quoi, ni t’exposer inutilement. Mais la bonne formulation, ce n’est pas “ai-je le droit d’entreprendre ?”. C’est plutôt : dans quel cadre j’agis, avec quelles limites, et comment je rends ce cadre lisible ?

Le socle déontologique, en pratique, tient en trois exigences : rester dans ses compétences, agir avec prudence, et être capable d’expliquer ce que l’on fait et ce que l’on ne fait pas. Quand ce triptyque est clair, tu gagnes en sérénité.

Soin, prévention, accompagnement : la frontière qui protège

Pour sécuriser une activité complémentaire, la première étape est de nommer correctement le cadre. Ce n’est pas un détail sémantique : c’est une protection.

Le soin correspond à une démarche thérapeutique : il s’appuie sur une évaluation, des objectifs thérapeutiques, une traçabilité et une posture où la promesse reste prudente. Le patient vient chercher une prise en charge, pas un produit.

La prévention, l’éducation et la promotion de la santé répondent à une autre logique : réduire un risque, améliorer l’autonomie, donner des repères, structurer des habitudes. On n’est pas dans la “réparation”, mais dans la continuité et l’anticipation.

L’accompagnement, lui, vise à encadrer la mise en action : reprise d’activité, autonomie à domicile, observance, progression sur plusieurs semaines, points de réévaluation, ajustements. Le mot-clé n’est pas la promesse, c’est la structure : un cadre, un plan, un suivi, et des limites explicites.

La règle terrain est simple : plus cela ressemble à du soin, plus cela doit être cadré comme du soin. Et si c’est de la prévention ou de l’accompagnement, cela doit être annoncé comme tel, sans ambiguïté.

 où ça dérape : le flou et la confusion des cadres

La plupart des problèmes apparaissent quand la personne ne sait plus ce qu’elle est en train de payer, ou quand elle peut penser qu’il existe un “meilleur niveau de soin” réservé à ceux qui payent une prestation complémentaire.

Ce n’est pas forcément volontaire. C’est souvent un glissement : une page web trop marketing, une phrase trop prometteuse, un témoignage qui parle de “guérison”, une offre payante proposée au mauvais moment, ou une confusion entre rendez-vous thérapeutique et accompagnement non conventionné. Et c’est là que le risque naît : dans l’interprétation.

Quand tu veux faire les choses proprement, tu dois donc travailler non seulement l’offre, mais aussi son contexte : à qui elle s’adresse, dans quelles situations, et comment tu t’assures que le patient ne se sent jamais orienté.

Transparence : dire clairement ce que c’est, et ce que ce n’est pas !

Un cadre sécurisé est un cadre lisible. Concrètement, cela passe par des éléments simples, mais non négociables : annoncer la nature de la prestation (prévention / accompagnement), préciser le statut (conventionné ou non), afficher le prix et le contenu, et poser des limites claires sur ce que tu promets.

La transparence protège tout le monde. Elle protège le patient parce qu’il comprend ce qu’il achète. Elle te protège parce qu’elle réduit les malentendus. Et elle protège ta crédibilité, parce qu’elle montre une posture professionnelle : tu n’es pas là pour vendre à tout prix, tu es là pour proposer un cadre utile, mais correctement annoncé.

Séparer les cadres : l’organisation te protège plus que les discours

Beaucoup cherchent la bonne phrase. En réalité, ce qui sécurise le plus, c’est la séparation concrète. Le patient doit pouvoir voir, sans effort, qu’il s’agit de deux cadres distincts :

Un rendez-vous d’accompagnement n’a pas le même nom qu’un rendez-vous de soin. Il n’est pas pris au même endroit, il n’a pas les mêmes documents, pas la même facturation, et pas la même logique. Même si tout se passe dans le même lieu, la frontière doit être structurée : agenda distinct, parcours distinct, information préalable distincte.

Cette séparation n’est pas une formalité administrative. C’est une manière d’éviter les zones grises : tu limites le risque d’assimilation au soin, tu limites la confusion sur le remboursement, et tu évites que l’accompagnement soit vécu comme une condition implicite de la qualité thérapeutique. 

 

Sécuriser la communication : informer sans promettre

La communication est l’endroit où beaucoup se mettent en risque sans s’en rendre compte. Non pas parce qu’ils mentent, mais parce qu’ils adoptent des codes marketing qui ne sont pas compatibles avec une posture de soignant : promesses, garanties, avant/après, formulations trop absolues.

Une communication sécurisée ressemble davantage à une information claire : à qui c’est destiné, ce que cela contient, comment cela se déroule, quels objectifs sont réalistes, et quelles limites existent. Elle laisse la place à la nuance : on accompagne une progression, on structure une autonomie, on ne “garantit” pas un résultat thérapeutique.

Tu peux être très convaincant sans jamais sur promettre. Paradoxalement, c’est même souvent ce qui renforce la confiance : une posture claire, une offre utile, et un cadre assumé.  

Conclusion : diversifier sans marcher sur des œufs

Diversifier n’est pas incompatible avec la déontologie. Ce qui pose problème, c’est la confusion : confusion des cadres, confusion des promesses, confusion pour le patient. Si tu nommes correctement le cadre, que tu es transparent sur le statut et le contenu, et que tu sépares concrètement les parcours, tu réduis drastiquement ton risque, et tu retrouves une chose essentielle : la sérénité.

Et cette sérénité vaut plus qu’une offre “parfaite” parce qu’elle te permet d’entreprendre dans la durée, sans t’épuiser à justifier, arrondir, ou rattraper des malentendus. Un cadre clair, c’est une protection. Et c’est aussi un signal de professionnalisme.

Si tu veux, on peut en parler ensemble avec un créneau personnalisé de 30 minutes  

Voici également quelques ressources complémentaires :

 

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